Pocahontas

Pocahontas : Précieux enseignements AVEC la nature

Par William JANSSENS – Écrivain indépendant

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Aucune intelligence superficielle n’a été (et ne sera) utilisée par William Janssens.

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Les Indiens et la Nutrition

Le maïs traditionnel est/était une denrée de choix. On parlera du maïs moderne dans un instant :).

La magnifique chanson de Disney « Au son calme des tam-tams », au début du film, semble être le passage qui se focalise le plus sur le mode de vie – suggéré et tel que transmis par Disney – de ce peuple autochtone. Il n’est pas exagéré de dire que Disney fournit généralement un gros travail pour le respect du cadre / contexte / décor des populations concernées.

Revenons au maïs, qui était un aliment de haute qualité. Il contribuait à l’entretien de la santé de ces peuples. Le maïs n’a pas attendu l’agriculture conventionnelle pour se répandre à travers toute l’Amérique du sud, dite latine aujourd’hui – car la plus grande part de la population actuelle n’est pas native.

Les plus curieux auront probablement déjà étudié cette plante aux graines d’or, ainsi que les traditions qui accompagnent les méthodes de préparation ancestrales :

  • Le peuple natif d’Amérique utilisait déjà un procédé extrêmement efficace pour améliorer la valeur nutritive du maïs : la Nixtamalisation.
    • Avec de la chaux, minutieusement dosée, la farine de maïs donnera une Masa Harine avec encore plus valeur nutritive ! Ceci permettra aussi d’améliorer considérablement la conservation. Vous trouverez des informations gratuitement assez facilement sur le peuple « Hopi » (il se peut que j’en fasse un article, c’est un sujet fascinant).
  • Il existe encore des variétés paysannes reproductibles de cette merveilleuse herbacée (famille des Poacées), mais il faut chercher.
    • Voici un fournisseur français de haute qualité : Kokopelli

Si la « musculation » vous parle, certaines variétés anciennes comme le maïs bleu sont bien plus riches en un acide aminé très particulier : la leucine (acide aminé branché, donc un « BCAA »). Ceci ne fait pas « tout », le mode de vie des indiens est incomparable avec un américain moderne, mais c’est un élément constructif – au sens littéral et figuré – à garder en tête.

Maïs « moderne » – un échec cuisant

Le maïs était nutritif avant l’intervention « moderne » des méthodes d’hybridations (F1-industrielle(1)) faîtes pour affaiblir les plantes. Oui, pour les affaiblir en diminuant drastiquement la diversité génétique. Elle ne sont « fortes » que dans le discours des commerciaux (elles résistent à leur « package » de vente, effectivement).

C’est aussi pour rendre les acheteurs dépendants des semences, car elles ne sont pas reproductibles au sens stricte du terme. Elles dégénèrent rapidement, par design.

Aujourd’hui, le maïs est utilisé notamment comme carburant pour les moteurs à explosion de nos machines.

  • Les pratiques actuelles qui alimentent notre technologie moderne suggèrent qu’il est correct de nourrir la machine avant l’humain…
    • Ce n’est pourtant ni écologique, ni éthique. Un « bio-carburant » dit-on ! [America Was Wrong About Ethanol – Study Shows] Cette appellation induit les consommateurs en erreur sur la nature du procédé. En effet, elle est directement associée à la monoculture conventionnelle. Ainsi, le « package technologique » est parfaitement NON-biologique. Ces cultures de maïs sont aussi totalement dépendantes de la pétrochimie (que l’on parle des tracteurs, des engrais NPK ou des « -ides » – pesticides, fongicides, herbicides (1)).

Reste-t-il encore un peu d’humilité dans notre perception ? Ces « sauvages«  avaient peut-être bien plus de connaissances « constructives et utiles » à partager que l’on ne peut le penser.

Pharmacop(o)ea Amérindienne

Le vieil arbre esprit de la forêt est un saule pleureur (Salix Babylonia). Le protagoniste blessé reçoit comme cadeau de la part des indiens un bout d’écorce de cet arbre qui assisterait dans la guérison de sa blessure (a reçu un coup de fusil).

  • C’est en effet à partir de l’écorce de cet arbre (ou à partir de la reine-des-prés) que l’industrie moderne a pu extraire l’acide salicylique.
  • On trouve communément ce principe actif dans l’Aspirine, qui a donc été breveté par Bayer sous forme d’acide acétyle salicylique (avec un procédé d’acétylation également utilisé pour la fabrication d’héroïne).

Ajout personnel : Je préfère largement me faire des thés de saule. Le niveau de confiance que je peux apporter aux « modifications pharmacologiques » pour modifier une pharmacopea multimilénaire n’a rien d’une amélioration, mais tout d’une appropriation. Si vous évitez de cuir votre thé trop longtemps, vous éviterez d’en faire ressortir un excès de tanins : Pas de mal de ventre à attendre si vous êtes raisonnable. L’argument qui suggère un bénéfice digestif par rapport à l’acétylation ne tient pas, à mon sens (acide salicylique > acide acétyle salicylique).

Si vous ne savez pas encore si vous avez des saules dans le coin, vérifiez les points de votre terrain ou l’eau abonde : vous aurez très très probablement des saules pas loin. Ensuite, il suffit d’apprendre à les reconnaître. L’accès à cette médecine naturelle sera ensuite gratuite pour le reste de votre vie.

Le saule n’est pas « utile » que pour obtenir une aspirine naturelle. C’est un arbre qui se bouture très très facilement ! Et ce n’est toujours pas tout :

Suggestion : Bouture de SAULE

Si vous décidez de prendre régulièrement des branches pour bénéficier des principes actifs, vous avez une solution pour « rendre la pareille » à l’arbre que vous aurez prélevé :

Vous pouvez, on ne peut plus facilement, faire des boutures avec d’autres branches. Ceci permettra à cet arbre de se reproduire ailleurs. Ce sera une sorte de « win-win » (gagnant-gagnant) avec la nature. 🙂

  • Le saule se bouture tellement facilement qu’il n’y a qu’à … replanter directement la branche.
    • La branche créera des racines, notamment grâce à l’acide salicylique et lui permettra de faire pousser des racines, quand ses cellules seront en contact direct avec la terre mouillée.
    • Ces mêmes branches permettent aussi de créer soi-même et gratuitement de l’eau contenant des hormones de bouturage(1).

Pour revenir au peuple autochtone : Le saule – et le reste de leur incroyable pharmacop(o)ea – n’aura malheureusement pas suffi à repousser une part très très triste de l’histoire amérindienne.

Histoire des peuples autochtones

Une grande partie de la population sera décimée par l’introduction de la variole, un virus auquel ces peuples n’avait jamais été exposé. Une autre part sera tuée par les armes à feu.

Plus tard, énormément seront torturés dans des « écoles spécifiques » catholiques. On parle d’une autre forme de massacre, de torture… quel « bon » dieu ? Ah, celui dont on doit préciser qu’il est « bon » justement. Ce n’est peut-être pas un hasard.

  • Les peuples natifs n’ont jamais été monothéistes.

Les conquistadors rêvent du monde de l’âge d’or. Ils rêvent des fameuses cités d’Or ! Ils n’ont évidemment pas commencé à se renseigner sur ce monde, sur tous les mystères qui entourent la merveilleuse cordillère des Andes.

Ils rêvent de l’ELDORADO. Comment rejoindre les valeurs d’un monde qui valent tout l’or du monde ? Naturellement, en les massacrant, en les pillant et … en rentrant les mains vides, mais sales – avec du sang sur les mains, et du plomb dans la cervelle.

On peut se rappeler de ce qu’il s’est passé dans Encanto, pour une partie similaire de l’histoire.

Virginia Compagnie

« La Virginia Company est une compagnie coloniale anglaise à but lucratif fondée en 1606″ (Virginia compagny)

Vous verrez qu’il n’y a aucun doute possible, car il est d’emblée indiqué dans les paroles que nous sommes 1 an après la fondation de la compagnie coloniale.

« Après avoir vainement cherché de l’or et des pierres précieuses dans les environs, ils doivent se lancer dans différentes industries et cultures, en particulier le tabac, le goudron et la bière. Cependant, ils ne peuvent passer suffisamment de temps, au goût de la compagnie, à ces tâches à but commercial. » (Virginia compagny)

Pour celles et ceux qui désirent aller plus loin GRATUITEMENT, vous trouverez énormément de livres gratuits sur l’histoire ici : https://hourlyhistory.com/ « Livre sur l’histoire qui ne prennent pas plus d’une heure à lire ». Ce qui nous concerne directement est à ce lien : https://hourlyhistory.com/pocahontas/

On parle de Pocahontas directement, mais aussi de John Smith ! C’est aussi le cas de ce livre, dont la narration vient directement des héritiers du peuple de Pocahontas : « Dr Linwood (Little Bear) Custalow, The True Story of Pocahontas: The Other Side of History. »

[Paroles] Sur un rythme militaire de conquérant

« En l’année 1607, embarquons mes amis
Ton or nous fait tourner la tête, Virginia Compagnie
Nous partons tous à la conquête, d’un pays de paradis
Ma foi, notre fortune est faite, Virginia Compagnie
Ta parole est d’or, pardi, Virginia Compagnie

Mmmh mmh ! ! !

Pour Dieu [c’est sûr…], pour l’or [matériel] et pour la vie  [placé dans ce discours uniquement pour convaincre les travailleurs, car c’est plutôt « pour la mort » dans la pratique… ], Virginia Compagnie »

Entre parenthèses [ … ], les commentaires de mon propre fait.

Des sauvages

Prologue :

Je distingue ici les paroles des conquistadors et des indigènes. Cette distinction des perspectives me fait penser à la chanson « ma promesse » dans Wish : Asha et la bonne étoile :

  • Magnifico et Asha chantent la même chose, mais pas avec la même authenticité.
    • Évidemment, vous comprendrez rapidement qui interprète le rôle de « l’omnipotent » qu’on « félicite pour sa bienveillance » :).

Reprenons donc, avec le conquistador dont le discours belliqueux finira par atteindre tout l’équipage : Vidéo « Des sauvages »

[Conquistador]
« J’ai toujours dit qu’on ne pouvait pas faire confiance à ces barbares.
Smith voulait s’en faire des amis, et voyez le résultat!
Je pense qu’il est grand temps de secourir notre courageux camarade*
Au petit matin, on attaque.

Conquistador (con qui s’adore)Indigènes
(1) Il n’y a rien à faire, avec ces païens* d’Indiens !
C’est une race de vipères, de bons à rien !
Il faut tuer ces bêtes, d’une balle dans la tête,
La vermine, moi, je l’extermine !
(3) Nous avions raison,
L’homme blanc est un démon !
Le seul** dieu qu’il adore encore,
C’est l’or !
Dessous sa peau de lys,
Ses vices se glissent !
Ils sèment la mort sans remords !
(2) Tous des sauvages, des sauvages ! ! !
Même pas des êtres humains ! ! !
Des sauvages, des sauvages ! ! !
Chassons ces païens*** [croient en « autre chose »] !
Puisqu’ils ne sont pas blancs,
Ils sont forcément méchants ! [C’est dire !!!]
Battons les tambours de guerre !
Tous des sauvages, des sauvages ! ! !
Commençons le carnage,
Battons les tambours de guerre !
(4) Tous des sauvages, des sauvages ! ! !
Même pas des êtres humains !
Des sauvages, des sauvages ! ! !
Des tueurs sans cœur !
Ils ne sont pas comme nous,
Méfions-nous de ces voyous !
Battons les tambours de guerre !
Tous des sauvages, des sauvages ! ! !
Qu’ils aillent tous en enfer,
Au son des tambours de guerre !

Des sauvages, des sauvages ! ! !
Soldats, tous avec moi !
Des sauvages, des sauvages ! ! !
L’avenir est dans vos mains !
Des sauvages !
Des sauvages !
Qu’ils aillent tous en enfer,
Au son des tambours de guerre ! »

(1)(2)(3)(4) font référence à l’ordre dans la chanson, j’ai simplement mis « qui chantait quoi » (indiens / conquistadors) dans un tableau.
Les […] parenthèses sont des commentaires ajoutés de ma part et n’appartiennent pas à la chanson initiale.
* Détournement de valeurs nobles pour embellir un discours crasseux et finalement parvenir à servir ses propres objectifs : Monter sa troupe contre ses ennemis à lui seul.

** Les indiens insistent sur cette « religion de l’argent » comme critère de différence. Intéressant de noter qu’ils parlent « du seul dieu » qu’ils adorent. Le lien historique entre les conquistadors et l’église est évident, il se peut que nous soyons autorisés à connecter ces deux points pour une meilleure compréhension.
*** Païen : Terme « utilisé par les chrétiens et l’Église pour discréditer les anciennes croyances »

Des sauvages (reprise)

« Voici le grand jour ! En avant !
Voici le grand matin ! Amenez le prisonnier !
Voyons si leur sang est rouge ou blanc !

[Pocahontas] Avant que le ciel explose, je dois tenter quelque chose !

Il faudra qu’ils payent !

[Pocahontas] Aigle donne-moi des ailes ! ! !

Tous ces chiens vont mourir ! ! ! !

[Pocahontas] Montagne donne-moi l’espoir ! ! !

Nous laisserons leurs cadavres pourrir !

[Pocahontas] Oh grand Manitou du ciel ! ! !

C’est eux ou nous !

[Pocahontas] Fais qu’il ne soit pas trop tard !

Ces rats puants, ces riens-du-tout !
Tous des sauvages, des sauvages ! ! !
Démons* ! Satan** !
Qu’ils crèvent !
Des sauvages, des sauvages ! ! !
Moi, je les veux tous morts ! ! ! !
Détruisons cette race,
Qu’il n’en reste aucune trace !
Battons les tambours de guerre !

[Pocahontas] Le ciel
Pleure des larmes de fer ! ! !

Battons les tambours de guerre !
Battez-les sans repos,
Sans leur crever la peau !

[Pocahontas] Mais c’est la mort de l’Amour ! ! !

Battons les tambours ! ! !

Que sonnent les tambours de ! ! !
[Pocahontas : NON] ! ! ! guerre ! »

*Démons vient du grec Daemon (δαίμων), qui signifie aussi divin/divinité. Tout ce qui n’est pas Bien sûr, je ne résiste pas à l’idée de vous partager la chanson principale du film. Voici la version française : 

Pocahontas – L’air du vent I Disney

Mr. Smith aura le courage d’écouter son cœur, alors que « son monde » est de plus en plus fermé à la possibilité d’apprendre de merveilleuses choses de la part des populations jugées comme primitives…

En effet, la terre n’est que de la terre, pour ceux qui ne sauront peindre aux 1000 couleurs, l’air du vent !

Je vous donne aussi, en toute logique, la version anglaise, originale : Colors of the Wind – Judy Kuhn.

J’ai également à coeur de vous proposer une autre version, avec orchestre : Colors of the Wind – Live Orchestra | Pocahontas.

Cette dernière est interprétée par Christine Allado. À ce moment (4min et quelques), le temps s’arrête pendant quelques instants… à chaque fois que je l’écoute! Peut-être que je vais finir par rajeunir si je l’écoute plus souvent. La musique n’est-elle pas intemporelle ?

BONUS

Vous avez déjà de nombreux liens. Cependant, j’aime partager ce qui m’a frappé quand je prends le temps de développer un sujet.

Voici un « reprise » de la chanson du film avec Flûte et flûte de pan, interprété par un natif américain !

Malgré les massacres, ils sont toujours là, avec leurs magnifiques longs cheveux noirs, à narguer les occidentaux stressés et bien souvent chauves avant 33 ans. Mais si « mais si » (à lire comme cela s’entend)…

Gloire au peuple natif américain !

SOURCES

– Certaines sources sont indiquées directement dans le texte (lien URL ou */**/***)

– Les paroles des chansons sont les paroles officielles des chansons qui appartiennent à Disney.

1) Analyse factuelle sur les « hybrides F1 », par Ananda Guillet, président de l’association Kokopelli : https://www.youtube.com/watch?v=J9Gyhq0qMvI. Si le sujet vous intéresse, je vous propose une discussion sans langue de bois entre Ananda et Nicolas Meyrieux (Farm Tour).

– Comment fabriquer une hormone de bouturage ? L’eau de saule, trois méthodes faciles, par Jean-Luc Petit, lien : https://www.youtube.com/watch?v=R_ukeqJ6yUs

Pour l’étude sur l’éthanol utilisé dans le carburant des voitures, je suis allé rechercher les études mentionnées directement dans la vidéo. Toutes ne sont plus disponibles aussi facilement, mais les voici – au besoin, avec le lien webarchive, quand je l’ai trouvé :

« America Was Wrong About Ethanol – Study Shows » :


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