Biochar maison, gratuit : le gĂ©nie du « low tech »
Et cette fois, les photos DURANT le processus sont prĂ©sentes đ !

Low Tech â Technologie appropriĂ©e
Bon, dans cet article (lire la partie 1 ici), je vous prĂ©sente mon nouveau jouet prĂ©fĂ©rĂ© ! Je ne devrais pas lâappeler comme ça, car on ne joue pas avec le feuđ„ et ⊠les flammes dont je vais vous parler sont les plus grandes que jâai pu observer de toute ma vie (parfois >2m )!
Anti-thĂšse – « SĂ© pĂŽ komsa Con fay du charbon »
Un connaisseur vient probablement de sursauter, il me dira peut-ĂȘtre :
« Quoi, des flammes pour du charbon ? Tâas rien compris, il ne faut surtout pas dâair, les flammes consumeront le charbon et tâauras fait tout ça pour rien ! D’ailleurs on voit du blanc, y’a des cendres, t’as perdu tout ton charbon !! »
Merci Henri ! Tu me permets de rappeler que, dans ce monde lessivé par la pensée unique, les alternatives de confection peuvent surprendre.
Pourtant, et quel que soit le sujet, il existe toujours d’autres façons de faire. C’est parti :
La crĂ©ation de charbon conventionnelle (industrielle, Ă petite Ă©chelle, low tech ou pas d’ailleurs) se rĂ©alise effectivement en adoptant un des principes qui a pu susciter une forte rĂ©action chez notre cher Henri 1er, adepte de le pensĂ©e orthodoxe / conventionnelle / normale / unique / younéïmitte (Ă prononcer comme un français qui lit en anglais, ça devrait bien fonctionner, pour une fois)  :
- Il faut éviter que le c(h)arbon brûle complÚtement.
- On veut effectivement cuire, et non brûler !
Ceci nous amĂšne au modĂšle classique de fabrication de charbon qui limite lâarrivĂ©e dâair.
- On cuit progressivement, sans flammes, mais sans monter facilement en tempĂ©rature (du moins dans les applications d’ampleur modeste, type DIY / fait maison).
Cependant, les technologies appropriĂ©es permettent de contourner cette contrainte qui s’avĂšre en rĂ©alitĂ© inutile :
- On peut faire AVEC LE FEU ! Il nâest pas nĂ©cessaire de le fuir, ou dâen avoir peur.
- On peut ainsi bĂ©nĂ©ficier de sa puissance et d’une combustion propre.
- Nous obtenons l’impensable : du charbon avec feu, et sans fumĂ©e (ou presque).
Henri : « Impossible, il ne restera plus rien si y’a des flammes »
Une image vaut 1000 mots, voici 200 litres de charbon, obtenus avec une đ„ flamme prĂ©sente du dĂ©but Ă la fin.
Je crois que nous avons Ă prĂ©sent l’attention de tous les « anti-feu » de la salle.

Le feu reprĂ©sente ce qui est « interdit » (tooooout particuliĂšrement chez les orthodoxes).
PromĂ©thĂ©e n’apporte-t-il pas la đ„flamme de la connaissanceđ„ aux humains ?
Bon, parlons physique de « ce bas monde » avant tout, sans nous emballer sur toutes les divinitĂ©s du feu qui existent partout Ă travers le monde* (dĂšs le moment qu’on arrive dans les populations indigĂšnes prĂ©-chrĂ©tiennes qui acceptent de parler de femelles – feu-mĂȘle, article Ă venir! Sans Ă©crin, point de feu, le lingam et le yoni, le yin et le yang, bref.) :
- Vulcainâïž Chez les Romains (HĂ©phaĂŻstos chez les Grecs)

CrĂ©dits image : Druid85 – Own work, CC BY-SA 3.0, url
- Agni âïž Hindou
- Draupadi âïžHindou
- Gabijaâïžen Lithuanie
- Gogaâïžchez les MelanĂ©siens
- Huehueteotl âïž AztĂšque
- Morimiâïžchez les Yoruba
- Surt âïž chez les Norrois
- Tohil âïž chez les Mayas
*Source (excellent site) : https://www.godchecker.com/search/
D’aucuns penseront encore Ă Calcifer (Myazaki ! #ChĂąteauAmbulant), et tant d’autres !
Physique en Midgard – Triangle du feu, mĂ©canique des fluides
- đȘ”Le bois ne brĂ»le pas !đȘ”
Cette phrase provocatrice me permet de vous rappeler que ce sont les gazes libĂ©rĂ©s đ„ par le bois qui sont inflammables. Le bois « finit par brĂ»ler », oui, mais ce point est important pour comprendre la physique derriĂšre l’efficacitĂ© de ce design, Ă priori super simple.
Or, simple ne veut pas dire stupide !
Il faut donc chauffer suffisamment le bois, pour l’amener Ă libĂ©rer les gazes de sa structure. Ce sera Ă©videmment plus rapide avec du bois relativement sec (đ§<20%) qu’avec du bois fraĂźchement coupĂ© đ§đ§đ§- pour ce dernier, une grande part de chaleur sera d’abord utilisĂ©e (« perdue ») pour faire Ă©vaporer l’eau, qui prĂ©vient la libĂ©ration des gazes en protĂ©geant fortement de la chaleur via l’Ă©vaporation Ă rĂ©aliser.
đš Lâair nâest pas immobile, il peut donc circuler selon notre modĂšle.
Si des flammes sont prĂ©sentes, câest que nous avons respectĂ© le triangle du feu :
- Du combustible đȘ” (bois/carburant/gazes inflammables – qqch avec un ratio H/C Ă©levĂ©)
- Du comburant â de lâair đš contenant de lâoxygĂšne (câest lâoxygĂšne qui permet la combustion)
- Une Ă©nergie dâactivation
- (a) de quoi faire une étincelle au minimum* (allumette/briquet/arc électrique),
- (b) une chaleur entretenue jusquâĂ ce que le bois suffise Ă gĂ©nĂ©rer la chaleur de « lâĂ©nergie dâactivation » (papier/carton/cire/Ă©corce de boulot/petit bois trĂšs sec/foin). *Sauf quand la chaleur est suffisamment Ă©levĂ©e (ici, en pratique, ce cas ne nous concerne pas, comme de l’huile de lin – trĂšs insaturĂ©es et donc trĂšs instables – qui prendrait feu avec une simple exposition prolongĂ©e au soleil…).
Trou calculé & allumage par le haut
En allumant par le haut, la chaleur par rayonnement permet de chauffer petit Ă petit les couches infĂ©rieures, pour ensuite laisser les flammes « gagner du terrain » en descendant. Ceci ne produit quasiment pas de fumĂ©e.
Ici, une sorte de mini pyramide (type mikado) a été formée pour le lancement (images 2-4).
- La seule fumée présente est apparue au démarrage (papier pour démarrer, image 5).
- A la fin, la fumĂ©e blanche vient simplement de l’eau versĂ©e pour tout Ă©teindre (12).
Voici, en images, le déroulement de cette fabrication de charbon, avec un puits Kon Tiki.
Dâabord lâorganisation de tout ce que je mâapprĂȘtais Ă faire cuire en charbon (1), puis le « dĂ©part pyramide »(5-6), puis le feu au-dessus d’un tas de charbon qui s’accumule le long de la flambĂ©e (7-11).













Et, pour terminer, le gros tas de charbon de qualité à récolter !
IMPORTANT : s’assurer que le charbon est TOTALEMENT ĂTEINT Ă la fin, je prĂ©fĂšre le prĂ©ciser, surtout si vous souhaitez faire cela en pĂ©riode sĂšche et chaude (arroser suffisamment, patienter un peu, puis vĂ©rifier que c’est – et que ça restera bien – froid).
Nous obtenons ainsi une maniĂšre de faire du charbon gratuitement, assez rapidement, chez soi, sans matĂ©riel Ă acheter et sans fumĂ©es nausĂ©abondes. Si c’est pas magnifiiiique !
Câest une petite rĂ©volution, qui permet de mettre un pied dans la prochaine partie, pour enfin comprendre
- comment fertiliser nos sols (ce biochar SEUL ne suffit pas, Ă ce stade, il nâest pas encore prĂȘt Ă ĂȘtre mis au sol, il faut le charger de nutriments).
- Quelles autres utilitĂ©s nous pouvons trouver pour ce charbon vĂ©gĂ©tal (il en existe des dizainesâŠ)
Nous avons de quoi faire !
A trĂšs vite, pour la partie 3 (SI DISPOÂ : lien ici . MĂ j 24.8.2026)
Un résumé élémentaire :
Alors, ĂȘtes-vous prĂȘts Ă raviver la flamme en cette pĂ©riode de lâannĂ©e oĂč le soleil cĂšde progressivement sa place Ă des nuits aux profondeurs encore insondĂ©es ? (post Ă©quinoxe d’automne)
Câest dans lâair du vent :
- đšlâair attise le feuđ„,
- đ„le feu nourrit la terre, (le fertilitĂ© va descendre–des-cendres, mais pas seulement!)
- la terre nourrie retient lâeauđ§(tout en laissant lâair circulerđš),
- đ§lâeau peut circuler. Elle peut donc accueillir et entretenir la Vie.
Notes non structurées :
Tiki me fait Ă©videmment penser aux TIKI de l’Ăźle Hiva Oa, des Ăźles Marquises.

Crédits American, CC BY-SA 3.0, url
On y trouve « curieusement » de magnifiques chevaux, je n’en dirai pas plus. đ

CrĂ©dits Remi Jouan – Photo taken by Remi Jouan, CC BY-SA 3.0, url
Pour le nom du Kon Tiki
Un homme du nom de Thor (il commence sa vie avec une sacrĂ©e force !) dĂ©cide de traverser la moitiĂ© du pacifique (de Lima au PĂ©rou jusqu’en PolynĂ©sie) avec un bateau créé uniquement avec des outils des natifs amĂ©ricains (du Sud).
« From the basic principle of smokeless fire
The fundamental principle of the smokeless fire was the starting point for our design of the Kon-Tiki, an open-topped conical kiln for making biochar. We chose the name Kon-Tiki in memory of Thor Heyerdahl, who asserted in the â40s of the last century that the inhabitants of South America were able to cross the Pacific to Polynesia in handmade boats. The experts virulently attacked Heyerdahl’s theory until he finally silenced them by building such a boat with only the tools and materials of the South American natives, and crossing half the Pacific from Lima to Polynesia. He named his boat Kon-Tiki after the South American god of sun and fire. » https://www.biochar-journal.org/en/ct/39

CrĂ©dits : « Fig. 4. With this raft, built only with native South American materials and tools, Thor Heyerdahl crossed half the Pacific Ocean in 1946. He named it after the fire god, Kon-Tiki. » https://www.biochar-journal.org/en/ct/39
Technologie « Open source » :
- Détails concrets pour débuter : https://www.appropedia.org/Kon_Tiki_Kiln

