Mon premier essai de fabrication !
J’ai rĂ©cemment dĂ©couvert quelques aspects d’une merveille de l’ancien monde : La Terra preta. Une chose dans sa composition ne trompe pas : Quelle magnifique couleur noire !
La richesse de cette terre provient notamment du charbon « vĂ©gĂ©tal » – appelĂ© aussi biochar (terme anglais destinĂ© au charbon d’origine vĂ©gĂ©tale). On entre dans les dĂ©tails dans quelques instants. Commençons par une image :

Par Holger Casselmann â Travail personnel, CC BY-SA 3.0, url
Eldorado ? Le vĂ©ritable « or noir » ?
La forĂȘt d’Amazonie est « curieusement » riche Ă certains endroits.
Ses sols sont bien souvent impropres Ă l’agriculture d’ailleurs (riche en oxyde d’aluminium, relativement pauvre en silice, sur « minĂ©ralisĂ©s »). Et pourtant, on y retrouve, Ă certains endroits, une profondeur de fertilitĂ© TOTALEMENT atypique. Si vous ne vous en rendiez pas compte, car tout le monde ne regarde pas ce qu’il se passe « sous ses pieds », on y a observĂ© Ă de multiples reprises (pas juste un heureux hasard) un sol encore fertile au-delĂ du mĂštre de profondeur, ce qui est de lâordre de lâexceptionnel.
La forĂȘt en question a vraisemblablement Ă©tĂ© implĂ©mentĂ©e par des bipĂšdes qui mĂ©ritaient encore le titre homo sapiens sapiens (doublement sage, tout de mĂȘme). Vous savez, on parle ici des ĂȘtres respectueux de la nature, ceux qui Ă©taient prĂ©sents avant l’arrivĂ©e du monothĂ©isme*
digression-williamienne #1
*Pour faire politiquement correct, certains prĂ©fĂšrent dire « civilisation prĂ©colombienne », pour ne pas heurter la sensibilitĂ© â absente pourtant â de ces sociopathes Ă la base des croisades, des tortures, des buchers, des gĂ©nocides, de la pĂ©dophilie, des guerres, du colonialisme et de tout ce qui se rapproche du nouveau monde qui a dĂ©libĂ©rĂ©ment Ă©crasĂ© l’ancien.
Ne sont-ils pas…tous des sauvages ? Voir mon article, si ça vous intĂ©resse.
Non seulement les anciens peuples indigĂšnes respectaient la nature, mais ils construisaient aussi mieux que nous (Sacsayhuaman et les imbrications mĂ©galithiques inĂ©galĂ©es Ă ce jour, etc.). Leurs civilisations se sont Ă©tendues sur des zones immenses (merci Ă la technologie Lidar !). MalgrĂ© le discours matraquĂ© de lâhistoire conventionnelle (qui en raconte⊠des histoires, ça câest sĂ»r), il nây a rien qui respecte le supposĂ© « progrĂšs technologique linĂ©aire » depuis la rĂ©volution industrielle.
Les assemblages sont lĂ , immortels. Les mĂ©galithes se moquent de tous ceux qui nâont pas su regarder la rĂ©alitĂ© en face : « Oui, je suis tout en haut de la montagne. Je sais. Ah, effectivement, mĂȘme aujourdâhui vous nâarriveriez pas Ă me monter jusquâici. ».
Parmi les innombrables sagesses que l’on peut retirer de ces pionniers â avant que les colons n’y rĂ©pandent la rougeole, et apportent leur grande expĂ©rience en torture et en massacres, on trouve des sols exceptionnels. Exceptionnels, car il semble nĂ©cessaire, pour obtenir ce type de biochar, de pratiquer une pyrolyse qualitative, Ă plus de 600°C (0). Il sâagit donc dâune compĂ©tence, pas dâun heureux hasard (vous savez de quoi je parle si vous avez dĂ©jĂ fait vous-mĂȘme du charbon).
Un indigĂšne sur un tracteur ?
Fin du sarcasme aprĂšs, mais … ces peuples ne labouraient Ă©videmment pas les sols avec des tracteurs !
Au lieu de tuer le sol et de troquer TRĂS EFFICACEMENT sa fertilitĂ© pour une abondance illusoire ponctuelle*, ces peuples ont trouvĂ© une mĂ©thode pour conserver pendant des centaines d’annĂ©es, une fertilitĂ© exceptionnelle dans le sol, lĂ oĂč on ne l’attendait pas.
digression-williamienne #2
* Depuis la « rĂ©volution verte », les techniciens agricoles sont amenĂ©s Ă injecter plus de calories via la pĂ©trochimie et le package de monoculture industrielle subventionnĂ©e quâils nâen rĂ©cupĂšrent in fine. Ces « rĂ©coltes » seront la plupart du temps transformĂ©es en complĂ©ment d’essence « biocarburant » pour alimenter les tracteurs et d’autres engins Ă explosion dont la technologie est hĂ©ritĂ©e de l’Ăšre victorienne (merci aux colons britanniques, cette fois-ci). En cette pĂ©riode de lâannĂ©e, vous verrez probablement des gigantesques moissonneuses renvoyer la collecte instantanĂ©ment dans une remorque, prĂȘte Ă ĂȘtre remplacĂ©e par une autre, flambant neuve. Rien nâappartient vraisemblablement aux agriculteurs pour autant, tout est subventionnĂ©, simplement parce quâils choisissent de suivre le cahier des charges. Soja cette annĂ©e ? Ok. Tournesol ? Dâaccord. MaĂŻs ? Oui. Labourer Ă chaque fois ? Ok. Intrants Ă chaque fois ? DĂźtes-moi quoi mettre et ⊠je le mettrai. Pesticides ? Fongicides ? Herbicides ? Oui, pas de problĂšme, tant que je suis payĂ©.
Comment obtenir cette terre noire, fascinante, à fertilité auto-entretenue?
Il devait y avoir quelque chose Ă creuser. C’est donc ce que j’ai fait, vous le verrez tout Ă l’heure, avec le four atypique que j’ai dĂ©couvert (four Ă charbon vĂ©gĂ©tal).
Le biochar n’est qu’une partie, mais c’est probablement le point d’entrĂ©e et la structure « principale » de cette terre incroyable. La seconde partie dĂ©taillera le reste – lien ICI .
Il devait y avoir quelque chose Ă creuser. C’est donc ce que j’ai fait, vous le verrez dans un instant, en dĂ©couvrant cet incroyable four Ă charbon vĂ©gĂ©tal.
Tout d’abord, un charbon vĂ©gĂ©tal de qualitĂ©
Il existe une mĂ©thode « low tech » (technologie appropriĂ©e) pour crĂ©er du charbon vĂ©gĂ©tal Ă structure similaire de la terra preta, soit cuit Ă plus de 600°C.
Je l’ai trouvĂ©e chez un acadĂ©micien sacrĂ©ment dĂ©gourdi ! Cet homme gĂ©nĂ©reux a par ailleurs choisi de transmettre le fruit de son savoir aux personnes particuliĂšrement dans le besoin.
Quoi de mieux, en guise dâintroduction, que de donner la parole Ă son inventeur :
« Le puits de terre Kon-Tiki est le point d’entrĂ©e pour le RĂ©seau de production Global de classe d’Artisans. Des dizaines de milliers de fermiers en Asie, en Afrique, aux Ătats-Unis, et en Europe produisent leur premier charbon vĂ©gĂ©tal de cette maniĂšre – Ă partir de leur propre biomasse rĂ©siduelle, sur leur propre terrain, sans aucun investissement hormis l’effort Ă fournir. »*
Du charbon avec des flammes, dans un trou ? Laissez-moi un instant pour dĂ©velopper. đ

Traduction : Le meilleur contrĂŽle si on le fait correctement : Pas de fumĂ©e ! – Image tirĂ©e du pdf disponible sur ce site : url *Traduction personnelle de « The soil pit Kon-Tiki is the entry point for the Global Artisan Network production class. Tens of thousands of farmers in Asia, Africa, Americas, and Europe produce their first biochar this way – from their own residual biomass, on their own land, with zero investment beyond labour. » – ibid
Ironie ou pas, son crĂ©ateur Hans-Peter Schmidt vient d’Arbaz, en Valais (au-dessus de Sion, dans les montagnes cĂŽtĂ© soleil, pour situer un peu). Pour ceux qui connaissent la rĂ©gion, il a une magnifique vue sur Nax lorsquâil confectionne son charbon :-).

Source / crĂ©dits : « Fig. 1. Biochar production in the Swiss Alps.« , url
C’est grĂące Ă ce design exceptionnel que j’ai pu sortir d’un haut niveau d’ignorance par rapport Ă la confection de charbon qualitatif.
Le charbon de bois mal prĂ©parĂ© possĂšde des polluants, on ne peut pas mettre « n’importe quel charbon » dans le jardin et rĂ©ussir sa terra preta !
A la base, je pensais simplement sortir le charbon de mon poĂȘle Ă bois et le « tasser en morceaux ». Effectivement, la terre aurait Ă©tĂ© « noire ». Elle aurait aussi Ă©tĂ© polluĂ©e progressivement par des HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques). Ahhh non, je ne fais pas « tout au naturel » depuis plus de deux annĂ©es pour finir avec des goudrons dans mon jardin!
Pyrolyse : Comment atteindre ce charbon végétal de qualité ?
Acheter ? Bien sĂ»r. C’est tout moi ça, acheter sans comprendre, pour ĂȘtre finalement déçu, tout en restant dĂ©pendant d’une chaĂźne que je cherche Ă briser tous les jours.
Plus sĂ©rieusement, j’ai appris via cette expĂ©rience que l’on pouvait faire une pyrolyse AVEC le feu.
La rĂ©volution Ă©tait lĂ , car tous les systĂšmes industriels modernes de pyrolyse suppriment l’arrivĂ©e d’air (de façon relative) pour Ă©touffer la combustion.
Ici, le but est d’Ă©touffer le feu par … un feu finement dosĂ©.
Le bois ne brĂ»le pas, pas directement. Ce sont les gazes libĂ©rĂ©s qui prennent feu. En bref, le bois contient beaucoup d’Ă©nergie, car c’est une accumulation d’Ă©nergie solaire progressive par la photosynthĂšse (printemps/Ă©tĂ©/automne = accumulation de carbone atmosphĂ©rique dans les stomates, en le liant ensuite par le pouvoir rĂ©ducteur du soleil que les plantes savent accueillir).
En pratique, ces chaĂźnes de carbone sont riches, car elles possĂšdent beaucoup d’hydrogĂšne. La lignine du bois est riche en carbone « accompagnĂ© de beaucoup d’hydrogĂšne ». On parle de ratio H/C pour « tout ce qui brĂ»le » (terminologie largement utilisĂ©e par lâindustrie pĂ©troliĂšre).
Ce matĂ©riau est cependant trop stable pour brĂ»ler. On ne brĂ»le pas une grosse poutre de faĂźtage comme ça… il faut d’abord « libĂ©rer » l’Ă©nergie.
Donc, pour que du bois relativement sec brûle, il faut :
(a) quâil chauffe et se dĂ©shydrate (perte d’eau rĂ©siduelle),
(b) quâil commence Ă relĂącher ses gazes, sous l’effet d’une chaleur suffisante (>200°C),
(c) ce gaz peut brĂ»ler s’il y a dĂ©jĂ une Ă©tincelle/une flamme (une Ă©nergie d’activation) et peut ĂȘtre entretenu ou non. Il est Ă©touffĂ© s’il manque d’oxygĂšne (comburant).
Normalement, les fabricants de charbon se retrouvent Ă « cuir » le bois, sans le brĂ»ler complĂštement pour autant. Ils ont donc dĂ©veloppĂ© une forme de « peur » de toute arrivĂ©e d’air dans leur systĂšme de cuisson. Ce dernier enclencherait malencontreusement, selon eux, la combustion du … prĂ©cieux combustible.
C’est une crainte fondĂ©e, mais ce nâest plus pertinent lorsque nous apprenons Ă gĂ©rer le « chemin de l’air », on parle de gestion de la mĂ©canique des fluides (l’air est fluide aussi) :
- On cherche, par design et non par coup de chance, Ă gĂ©nĂ©rer un vortex d’air qui va lui mĂȘme « priver le bois carbonisĂ© de son oxygĂšne ».

Source/crĂ©dits : « Fig. 9. Air is drawn in over the hot outer wall of the kiln and swirls above the fuel bed creating a vortex that ensures good mixing of pyrolysis and combustion air, resulting in very low emissions of the Kon-Tiki kiln. » url
- Ceci protĂ©gera le bois de la combustion, car le feu intense aura totalement consumĂ© les gazes relĂąchĂ©s progressivement par les couches infĂ©rieures de bois « en train de carboniser ». Le vortex fonctionne Ă©galement avec le trou dans le sol, mĂȘme si l’arrivĂ©e d’air est Ă©videmment latĂ©rale. A noter qu’il existe un modĂšle en acier / ou inox, ou une version sans investissement, Ă travers le trou Ă creuser, dont une des premiĂšres idĂ©es semble venir d’ici : lien youtube
- Ce bois continue de chauffer, car le feu est si intense qu’il amĂšne les couches infĂ©rieures Ă relĂącher leurs gazes*. Ceci sâopĂšre non pas par lâair (la chaleur « monte »), mais par radiation. En effet, le spectre infrarouge du feu vous chauffe, mĂȘme sans que vous le touchiez.
*Typiquement, on trouvera du mĂ©thanol, pour ceux Ă qui ça parle, d’oĂč l’excellente combustion (quand le triangle du feu est bien maĂźtrisĂ©).
Un trou dans le sol, mais avec un design d’ingĂ©nieur acadĂ©mique

Source : Four Ă charbon de Hans-Peter Schmidt, design pris au lien suivant, url
Alors, ce design universitaire incroyable ? Câest compliquĂ© ?
Franchement, on parlera surtout :
- d’une pioche,
- d’une pelle,
- dâun soupçon de patience et dâune bonne dose dâeffort.
Voici le rĂ©sultat, avec quelques modifications, sans changer significativement les rapports. A noter que mes diamĂštres supĂ©rieurs et infĂ©rieurs atteignent respectivement 130 et 52 cm. Jâai ainsi obtenu une profondeur d’environ 74-75cm (longueur de pente ~ 87cm, et un peu moins de 60° dâangle).

Voici le trou, aprÚs la premiÚre flambée seulement.
Bon, ça peut se comprendre, j’Ă©tais trop captivĂ© par ma premiĂšre expĂ©rience d’un feu monumental sans fumĂ©e pour avoir de quoi prendre une photo autour de moi.
- Vivre et expérimenter tombera toujours au premier plan. Le partage suit.
Une autre perspective, pour mieux imaginer les dimensions :

Cette premiĂšre expĂ©rience fut incroyable. Je ferai en sorte de filmer / prendre en photo la prochaine. Je n’ai jamais vu un aussi beau feu (le prochain article est illustrĂ© par le processus de la seconde flambĂ©e).
Ce fut, selon moi, une réussite pour plusieurs raisons.
Comme les crĂ©ateurs nous le recommandent, jâai effectuĂ© :
- un allumage par le haut, en commençant par une « petite pyramide »
- un entretien de la recharge, en fonction des apparitions de cendres blanches.
- Et surtout, jâai essentiellement suivi un DESIGN MAGNIFIQUE. Les crĂ©ateurs/designers ont parfaitement compris comment faire du charbon AVEC LES BĂNĂFICES DES FLAMMES et non en luttant dĂ©sespĂ©rĂ©ment contre elles.
Résultat, aprÚs cette premiÚre expérience :

Bidon de 200 litres, rempli de charbon vĂ©gĂ©tal « brute » (biochar).
Cela dit, il y avait l’Ă©quivalent d’une pelle de charbon qui nâa pas Ă©tĂ© suffisamment cuit (pyrolyse incomplĂšte). Essentiellement, ce petit pourcentage de « bois peu carbonisĂ©s » Ă©tait situĂ© soit tout au fond – dĂ©but de la flambĂ©e, soit tout en haut.
Les tout derniers Ă©lĂ©ments placĂ©s dans le Kon Tiki n’ont pas tous eu, dans ce premier essai, une bonne pyrolyse avant l’extinction par arrosage. Est-ce un problĂšme ?
Pas du tout, je mettrai l’Ă©quivalent de cette « pelle de bois incomplĂštement carbonisĂ©s » dans la prochaine fournĂ©e. Dans cette dynamique, il n’y a rien qui se « jette », c’est fabuleux ! Je vous expliquerai dâici peu comment jâai pu amĂ©liorer ce point lors da ma seconde flambĂ©e.
Point important : Perte de calories
Il y a naturellement de grandes pertes de calories avec l’entretien de ces flammes. MĂȘme si la crĂ©ation de charbon vĂ©gĂ©tal entre dans une dĂ©marche d’augmentation phĂ©nomĂ©nale de fertilitĂ© des sols (et de sĂ©questration du carbone dans les sols, si c’est important dans vos critĂšres / vos calculs), il en rĂ©sulte tout de mĂȘme une perte directe de chaleur.
Si l’on pouvait rĂ©cupĂ©rer cette chaleur pour chauffer une grande « batterie thermique » pour la restituer par la suite, ce serait idĂ©al. Il existe dâailleurs un « titre dâarticle » assez explicite sur le site, pour valoriser cette importante source de chaleur, lâarticle nâest cependant pas accessible :

Source : https://www.ithaka-institute.org/en/journal/the-biochar-journal
Cela dit, ce n’est pas lĂ -dessus que nous jouons notre impact sur l’Ă©cologie.
Câest un design extrĂȘmement simple, totalement gratuit, faisable n’importe oĂč.
Ici, on apprend Ă redonner de la vie dans le sol, sans polluer l’air avec du monoxyde de carbone Ă cause d’une phobie du feu.
On brĂ»le essentiellement tout ce qui est problĂ©matique, avec une chaleur trĂšs Ă©levĂ©e, approchant 750°C parfois (les flammes dĂ©passent cette tempĂ©rature, mais c’est surtout pour le degrĂ© de puretĂ© par rapport Ă l’atmosphĂšre en lâoccurrence, pas pour le carbone qui sera restituĂ© au sol).
Affaire à suivre, la deuxiÚme flambée :
- La création de biochar est mieux détaillée dans cet article : ARTICLE ICI
Ressources disponibles :
Open source technologie, avec détails concrets disponibles ici pour débuter : https://www.appropedia.org/Kon_Tiki_Kiln
Autre lien important : https://www.ithaka-institute.org/
Note supplémentaire, sur le potentiel de dépollution du biochar issu de ce four :
- MĂȘme les polluants « Ă©ternels » (Fluor) n’auraient pas besoin d’un charbon actif activĂ© par Ă©nergies fossiles ! Nous y sommes, d’immenses possibilitĂ©s sont lĂ Ă Ă :).
« The project produced a systematic series of over 100 activated biochars from different feedstocks, varying pyrolysis temperature and activation conditions. The results demonstrated that wood and woody residue biochars, physically activated at high temperatures, can eliminate organic micropollutants from biologically treated wastewater at efficiencies comparable to commercial fossil-based activated carbon (Hagemann et al. 2020). The work was conducted in collaboration with Agroscope and Eawag (Swiss Federal Institute of Aquatic Science and Technology), with pilot-scale testing in operational wastewater treatment plants. » https://www.ithaka-institute.org/en/ct/17-activated-biochar


2 rĂ©ponses à « Terra Preta #1 | đ±FertilitĂ© plurimillĂ©naiređ »
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